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les refuges

 

Au tout début:

Cavernes et surplombs rocheux ont sûrement constitué les premiers abris en haute-montagne. Puis vinrent les refuges pastoraux, orrys, cayolars et autres cabanes de bergers, reflets des savoir-faire populaires inscrits dans la structure socio-économique valléenne. Malgré les ressemblances dues à leur fonction d'abri en altitude, les refuges diffèrent des cabanes dès l'origine. Indissociables de la découverte de la haute-montagne, ils sont issus d'une pratique montagnarde urbaine et sont le fruit d'une architecture savante conçue par des architectes ou des ingénieurs. L'aventure des refuges pyrénéens commence peu de temps après la création en 1874 du Club Alpin Français, dont la Section du Sud-Ouest fit construire l'Abri du Mont Perdu en 1877 sur l'initiative du comte Henry Russell.
Cet événement inaugura une période qui préfigura le temps des refuges à proprement parler, durant laquelle furent construits d'autres abris sur les modèles des anciennes cavernes et cabanes de bergers comme les Grottes Russell au Vignemale, la villa Gaurier ou le premier refuge d'Arrémoulit, qui n'existe plus. 

Les années 1900:

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L'inauguration par le CAF en 1890 du refuge de Tuquerouye amorce la première période. Elle porte l'empreinte de Léonce Lourde-Rocheblave qui aura l'ingénieuse idée avec M. Blaquière de concevoir un volume compact et peu percé, formé d'une voûte en berceau brisé, dont le profil ogival résiste particulièrement bien aux conditions extrêmes de la haute-montagne, alliant une mise en oeuvre techniquement élaborée et un matériau unique, la pierre trouvée sur place. Ce modèle sera reproduit pour d'autres refuges tels Prat Long, Packe ou Bayssellance. La voûte sera recouverte d'un toit à deux pentes à Pombie et Arrémoulit.

Les refuges Wallon et Russell qui ne correspondent pas à ce type verront le jour à cette même époque. Édifiés en 1910 par le Touring Club de France d'après les plans de l'ingénieur Falisse, ils s'apparentent à une petite maison en pierre avec une toiture à deux pentes. La deuxième période s'étale de 1956 à 1967 avec l'apparition d'un nouveau type de refuge aux Sarradets. Toujours lourd, mais plus grand et ouvert sur le paysage avec des fenêtres larges formant canon à la lumière, il est couvert d'un toit à faibles pentes. Les années 70 marquent une rupture.
L'utilisation massive du bois dans la structure et en façade donne aux refuges comme Ayous, Arlet ou Bastan une allure de chalets alpins. La mise en oeuvre de matériaux industriels nouveaux comme les panneaux sandwichs facilite la préfabrication, l'héliportage et le montage rapide dans le but de réduire les coûts élevés de la construction.

Au même moment, des itinéraires de randonnée nationaux (GR 10, HRP) et des tours de pays font apparaître une « carence ariégeoise » en matière d’hébergement de montagne. Seules quelques cabanes (pour la plupart en mauvais état) permettent de passer une nuit plus ou moins à l’abri dans lesPyrénées ariégeoises.
En 1973, conscient de ce grand vide, le Club des montagnards ariégeois (CMA), avec l’aide de partenaires institutionnels (Jeunesse et sports, préfecture, tourisme…), réfléchit à la mise en place de refuges gardés, ainsi que de nouveaux sentiers de randonnée.
Après réflexion, un projet incluant la construction ou la restauration de plusieurs refuges autour de points d’intérêts forts (lacs, sommets, chemins de grande randonnée, etc.) est retenu et pris en main dans le plan d’aménagement général des Pyrénées par la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale (DATAR).
Le refuge de l’étang d’Araing sera le premier d’entre eux. En 1975, des responsables du CMA, en collaboration d’un architecte (Jean Bordes), décident de l’emplacement du futur refuge, sur la croupe nord de l’étang l’Araing, seuls les financements restent à trouver.

La reconstruction du refuge d'Araing en 1977 démarre la dernière période, exclusivement ariègeoise et essentiellement marquée par l'architecte Roger Poulachon. Ses refuges, protégés par une carapace en métal et dotés d'un équipement moderne et performant, affichent clairement la priorité donnée à l'aspect technique au détriment d'une recherche esthétique.
Une catégorie à part, hétérogène et étalée dans le temps, bien que toujours d'origine assez ancienne, est composée par les refuges aménagés dans des bâtiments récupérés des grands travaux hydroélectriques comme l'ancien refuge du Portillon, celui du Fourcat ou encore celui d'En-Beys. Au coeur des enjeux de l'aménagement de la haute-montagne, les refuges, témoins solitaires de l'histoire du pyrénéisme, représentent dans l'imaginaire social le mythe de la cabane perchée en haut de la montagne. En cette fin de siècle, ils entrent dans l'ère des mises aux normes exigées par les pouvoirs publics en terme de sécurité et dans la restructuration du patrimoine existant, en terme de confort. Mais pour autant, gardés ou non, ils n'ont rien perdu de leur valeur symbolique et offrent toujours la sécurité et le repos. 
J.F. Rodriguez
Voir: Barroude, Bassiès, Bastan, Baysselance, Belagua, BésiBiados, Campana de Cloutou, Certescan, Colomers, Cortalets, En Beys, Ernest Malafré, Espingo, Espuguettes, Estagnous, Estanys de la Pera, Estas, Etang d Araing, Etang Fourcat, Gabar- Garrotxa, Goriz, Ilhéou, Josep Maria Blanc, Larribet, Ledor- Llanos del Hospital, Lluis Estasen, Marcadau, Maupas,
Migouélou, Molina (xalet), Oulettes de Gaube, Packe, Pombie,
Portillon d'Oô, Rulhe, Tuquerouye, Ulldeter, Vallferrera, Ventosa i Calvell, Viados

Le refuge de l'Etang d'Araing est appelé également Jacques Husson en mémoire d'un administrateur du C.A.F. qui avait soutenu la création du premier refuge gardé ariégeois avant de disparaître en montagne.
À cette époque, l’État subventionnait 80 % de la construction des refuges, et, n’ayant pu trouver localement les 20 % restants, le CMA décide de solliciter l’aide du Club alpin français (CAF), qui accepte.
La commission des travaux de montagnes du CAF, présidée par Jacques Husson, boucle très vite le projet, et les travaux commencent en 1976. Un an et 880 000 francs plus tard, le refuge est fini, proposant 52 places. 
Pour respecter le budget initial très réduit, on a privilégié une grande simplicité de forme et l’utilisation de matériaux économiques et efficaces (bac acier prélaqué utilisé en paroi froide ventilée pour la toiture et le bardage extérieur). Si le confort et la pérennité de l’ouvrage sont indéniables (son état actuel en est la preuve), on peut dire que l’aspect esthétique a été quelque peu négligé, et nombreux sont ceux que cette « boîte de conserve » étonne, voire choque. Quelques mois avant la fin des travaux, Jacques Husson (un des principaux instigateurs de ce projet) décède dans une avalanche, son nom sera donné au refuge.
Le 10 juillet 1976, en présence des autorités et de la famille de Jacques Husson, le premier refuge ariégeois est inauguré.

Les deux premières années, il est gardé par Jean-Claude Ané (enfant de la vallée) et son épouse.
En 1979, ce sont Frédéric et Christiane Mata qui s’installent avec leurs enfants au refuge. En 1993, les normes sanitaires, qui ne connaissent sûrement pas le mal aigu des montagnes, les rattrapent, et quelques aménagements sont à faire :
- traitement des eaux ;
- mise aux normes de la cuisine avec séparation des circuits sale et propre ;
- pose de carrelage dans tous les locaux et revêtement faïence en cuisine.
Ainsi, la protection de l’environnement s’améliore, tout comme le confort et la commodité, que ce soit au profit des usagers ou des gardiens. Monsieur et madame Mata resteront dix-sept ans, avant de prendre une retraite bien méritée.

En 1997, Dominique Gaunet et Yves « Titi » Garel prennent le relais et exécutent dès leur arrivée quelques travaux, qui améliorent nettement le confort et la commodité du lieu.

En 2002, Dominique Gaunet cesse l’activité de gardien, et je - Anoura Barre - le remplace. Depuis, en 2004, Johan Azéma nous à rejoins puis Titi est parti (2005)puis Alice Gilbert est arrivée puis Johan et Alice sont partis puis je -Anoura barré- suis resté (au moins jusqu'à la retraite...) et depuis mes collègues changent et ne se ressemblent pas . En dehors de l’entretien régulier (peinture, bricolage), le refuge n’a connu aucuns gros travaux, justifiant le choix des architectes, en 1976.
Ce refuge, à coque métallique, de 50 places, construit en 1975 par le Club Alpin Français a été conçu par l'architecte Jean Bordes.
Il est situé au pied du Crabère ( 2629 m ), sur la commune de Sentein, à la croisée des grands itinéraires pyrénéens, GR et HRP et sur le tour du Biros.
Il domine le très bel et poissonneux Etang d'Araing.

Étang d'Araing 1909 m Ce plan d'eau, avant d'être aménagé pour les besoins hydroélectriques, avait été anciennement utilisé pour l'industrie humaine. Il avait été doté de deux vannes destinées au flottage des bois de coupes affouagères où les bûches étaient marquées aux initiales des propriétaires. Cette digue de deux mètres de hauteur fut remarquée par A. Delebecque à la fin du XIXe siècle et encore par l'abbé Gaurier en 1929.